Testament de Montesquieu

François Cadilhon

1Le testament olographe ou mystique de Montesquieu a été présenté pour la première fois en 1955 dans l’édition des Œuvres complètes dirigée par André Masson ; une nouvelle publication avec une analyse complète a été réalisée dans la nouvelle édition des Œuvres complètes en 2006.

2Le baron de La Brède avait pensé à rédiger un testament dès 1749 au moins, mais la seule version dont on dispose fut rédigée à Paris le 26 novembre 1750 (il avait demandé conseil au notaire parisien Doyen, comme en témoigne un texte conservé dans le manuscrit de L’Esprit des lois, et édité en 2006 avec le testament) ; elle est conservée au Minutier central des Archives nationales. Il en existe également une copie (mars 1755) dans le fonds de La Brède.

3Au-delà de quelques rares déclarations religieuses et des règlements pratiques, l’un des objectifs du philosophe était surtout d’assurer « de masle en masle » la transmission de la seigneurie de La Brède, et non celle de Montesquieu. L’ouverture du testament eut lieu à Paris le 8 mars 1755 par les officiers publics en présence du fils du baron, Jean-Baptiste de Secondat, puis il fut déposé chez un notaire, Simon Girault, choisi par le légataire universel. Jean-Baptiste de Secondat, dans un premier temps seul propriétaire de tous les biens de son père, dut régler ensuite avec ses deux sœurs les engagements déjà prévus par les contrats de mariage précédents. Le cas n’était pas exceptionnel, il était même habituel ; il semble ainsi indispensable de relier souvent les deux types de document pour une approche globale. Le fils dut alors conduire des négociations complexes avec sa sœur Denise, mariée, selon les volontés paternelles afin d’assurer la transmission du nom avec son cousin agenais Godefroy de Secondat. Le testament du philosophe servit ensuite de référence mais aussi de carcan rigoureux à toute la famille, en particulier à la fin du XIXe siècle, pour régler le partage du patrimoine.

Bibliographie

Éditions

Montesquieu, Œuvres complètes, André Masson dir., Paris, Nagel, t. III, 1955, p. 1573-1574.

OC, t. IX, 2006, éd. François Cadilhon et Pierre Rétat, p. 383-394.

Critique

Michel Figeac, Destins de la noblesse bordelaise, 1770-1830, Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 1996.

Stéphane Minvielle, « Les comportements démographiques des élites bordelaises au XVIIIe siècle », thèse de doctorat, université de Bordeaux 3, 2003.

François Cadilhon, « Montesquieu ou La Brède », Les Amis du vieux Nérac 39 (2005), p. 47-57.